04.09.2011
(...)

Je crois que je traverse vraiment une sale phase (dieu, que je suis déprimante).
Je me suis vraiment frittée avec F. Un peu aussi avec l'égyptien de mon coeur, enfin c'est surtout que je suis pas à sa hauteur.
Je me fritte avec tout le monde, je casse les couilles à tout le monde. J'ai l'impression de ne plus savoir y faire, j'ai l'impression de tomber dans un puits sans fin.
Les gens évoluent et maturent, mais pas moi.
Je répond comme à un chien quand ma mère m'appelle, je peux même pas m'en empécher ni me controler.
Je ne fais rien pour personne, dans un monde où il y a pourtant tant à faire. Je n'envoie plus d'argent aux équatoriens.
Je suis en train de devenir la personne que j'avais toujours espéré ne jamais devenir : éffacée, soumise, solitaire, avachie, et en même temps pleine d'aigreur et de regrets. Comme un fantôme, pour qui les autres n'auraient aucune importance.
Mes grands parents sont vraiment vieux maintenant, mes parents commencent à vieillir aussi, ma mère est malade. J'ai l'impression de ne plus connaitre mon frère, ni mes quelques amis.
J'aime les autres, les gens, pourtant je crois. Mais je me fais horreur. Je n'ai rien à dire, je ne sais rien faire, je n'apporte rien à personne, je ne fais que ressasser tout ce que tout le monde sait déjà. Et tant d'appitoyement sur soi même me fait encore plus horreur.
Et pire que ça, à la limite, faire pitié et ennuyer le monde, c'est une chose. Mais je provoque des conflits, sans le vouloir, mais tout de même : sur la foi de mes falacieux conseils alors que je ferais mieux de fermer ma gueule, les gens se frittent. Fr. se demandait si le fait que je m'étais pris le choux avec sa copine n'était pas la raison pour laquelle leur couple n'allait pas bien. Et là, j'ai vraiment cru que j'allais me jeter par la fenêtre.
Un jour, mes parents mourront, mes amis auront définitivement jeté l'éponge, et je ne leur aurais jamais dit ni montré à quel point j'étais heureuse de leur présence, à quel point ils m'ont apportés, ils ne sauront jamais qu'ils m'ont construite. Et à la limite, la question n'est même pas là, la question est surtout d'avoir reussi à établir avec eux des rapports humains, où l'on s'apportent quelque chose mutuellement. Je leur cours après, ils fuient, ils en ont marre, je voudrais les aimer mais je les blessent, ça les soule et tout le monde en a ras le bol.
Et je déteste cette jungle de béton, je déteste ce travail inutile et stérile, je déteste ces rapports uniquement d'argent, je voudrais m'allonger dans une forêt, regarder les étoiles et m'endormir.

Je voudrais rire et faire rire les autres, au lieu d'avoir une gueule de six pieds de long en permanence, de me cacher tout le temps, d'être à la fois totalement dépendante et fuyante (nouveau concept psychiatrique).
Je crois que je ne pourrais plus jamais écouter Helwa ya baladi ("mon beau pays" ?) sans pleurer. Toutes ces relations gachées, c'est vraiment incroyable pour une seule personne. Je me fais peur, comme quand j'étais petite. Je suis comme Jack Lang en ce moment, je débite un nombre d'idioties à la minute assez impressionnant.
Aghani, aghani... On attendait la nuit dans Le Caire endormi pour compter les étoiles...
Aghani aghani aghani, wahshani ketir wahshani...
Et un truc qui n'a rien à voir.

20:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Écrire un commentaire